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La protection de l'eau

Eau et environnement

#ACTU - Caux-Austreberthe, journal d'information Mai-Septembre 2021 

Des aménagements naturels pour préserver l’eau et la biodiversité

Sur le Bassin d’Alimentation du Captage de Limésy, la Communauté de communes mène une opération d’aménagements d’hydraulique douce sur les zones les plus sensibles.
Objectif : Réduire les particules de terre et les molécules de produits phytosanitaires qui arrivent au captage de Limésy. 

Ces aménagements protègent la nouvelle station de traitement construite en 2017.

« Plus on agit en prévention, plus on est efficace et plus on limite les coûts de travaux et d’entretien pour la collectivité».


C’est un enjeu majeur pour protéger la seule ressource en eau de notre territoire. Une quarantaine d’aménagements a déjà été réalisée par des agriculteurs volontaires depuis 2010. C’est bien mais on peut faire mieux. La Communauté de communes a souhaité accentuer l’effort en rencontrant les agriculteurs sur les zones les plus à risque.

«L’écoute et le dialogue ont permis de trouver un terrain d’entente » souligne Daniel Gressent, vice-président en charge du cycle de l’eau.


Placés judicieusement et de façon rapprochée, les haies, fascines, mares et fossés sont de véritables zones tampons ayant un pouvoir d’épuration des eaux. Suite aux rencontres de cet hiver, 11 agriculteurs sont volontaires pour la réalisation de 19 aménagements dont 3,5 km de haies pour un montant global estimé à 60 000€. Les installations seront opérationnelles l’hiver prochain. 

Un collectif constructif 


La réussite de cette opération repose sur l’implication de plusieurs acteurs : les exploitants agricoles volontaires, la Chambre Régionale d’Agriculture de Normandie pour l’accompagnement technique , le Syndicat Mixte du Bassin Versant de l’Austreberthe pour la prise en charge financière et le choix des entreprises pour la réalisation des travaux, l’Etat et l’Agence de l’Eau Seine-Normandie pour les subventions apportées.

 

Zoom sur
l’EARL DIALONDE
 

Antoine et Matthieu Gilles, père et fils, exploitants à Motteville, ont souhaité participer activement à cette opération. Ces agriculteurs en polyculture-élevage, exploitent des parcelles sur un secteur particulièrement sensible : on y dénombre plusieurs bétoires et un bassin de rétention est prévu à l’aval de ce secteur.

Les 2 exploitants ont été (plus que) volontaires (car déjà très actifs) pour l’implantation de 6 haies d’un linéaire total de 2,5 km. « Nous sommes conscients de l’impact que peut avoir notre activité sur le captage et sur l’environnement de façon générale. Nous sommes particulièrement attachés à la préservation de la petite faune présente sur nos parcelles», expliquent de concert nos exploitants investis.

«Nous avons mis en oeuvre des mesures de protection de l’eau en limitant le recours aux intrants, en implantant des couverts végétaux pendant l’hiver, ou encore en limitant le travail du sol». 


Pour aller encore plus loin dans la préservation des espèces, les exploitants  expliquent avoir restructuré leur parcellaire afin de limiter les parcelles de grande taille et favoriser la circulation de la faune.

«Cette restructuration limite aussi l’érosion des sols. L’implantation des haies est une étape de plus dans notre projet qui allie préservation de la qualité de l’eau et biodiversité ». 


Cet exemple est la démonstration d’une prise de conscience des enjeux environnementaux d’aujourd’hui dans le secteur agricole sur notre territoire.

CONTACT

Pour toutes vos initiatives qui visent à protéger les ressources en eau, pour être accompagné dans vos aménagements, pour être référencé sur la carte des producteurs locaux, contactez Gaelle Bance (g.bance@cc-caux-austreberthe.fr, Tél. 02 32 94 92 15)


La protection de la ressource en eau est depuis 2009 l’un des enjeux du Grenelle de l’Environnement. Sur le territoire, les collectivités locales mènent depuis 2010 une politique préventive de protection du captage de Limésy-Becquigny.

 

Une première phase a permis l’étude de délimitation de la zone alimentant la nappe souterraine. Ce territoire est nommé Bassin d’Alimentation de Captage (BAC). Un Bassin d’Alimentation de Captage est le territoire en surface où toute goutte d’eau qui s’y infiltre est susceptible d’être pompée par le captage. Il est déterminé au vu de l’hydrogéologie et de la topographie du secteur.

 

Un interlocuteur privilégié

Gaëlle BANCE - Chargée de mission Eau et Agriculture -

g.bance@cc-caux-austreberthe.fr

 

J'informe, je sensibilise et accompagne les agriculteurs sur le recours à des pratiques respectant la protection de la ressource en eau. Ma mission est que les exploitants mais aussi les structures conseillant les agriculteurs intègrent la protection de la ressource en eau dans les systèmes d'exploitation. Mon ambition est de placer la communauté de communes comme une structure fédératrice de projets mettant en lien les acteurs ayant un impact direct ou indirect sur la qualité des eaux de note captage

 

La délimitation du BAC

C’est par la compréhension du fonctionnement géologique et hydrogéologique du territoire que l’on trace la délimitation d’un BAC. L’analyse de l’écoulement de l’eau souterrain nous informe sur la partie de la nappe souterraine qui alimente le captage et que l’on doit protéger*. Le BAC de Limésy couvre une superficie de 60 km² et concentre 140 exploitations agricoles, une vingtaine de communes et plusieurs centaines de linéaires de routes, d’autoroute et de voies ferrées.

 

Un plan d’actions pour protéger l'eau des pollutions

 

La Communauté de Communes Caux Austreberthe veut protéger le bassin d’alimentation de captage contre les pollutions diffuses sur un plus grand territoire.

Après l’étude du fonctionnement hydrogéologique de l’aquifère, le tracé des périmètres de protection du captage a permis de définir les éléments de vulnérabilité de l’ouvrage vis-à-vis des pollutions ponctuelles bactériologiques et chimiques à proximité. Ces périmètres ont été déclarés d’utilité publique, la gestion de ces espaces est donc réglementée. Sur le Bassin d’Alimentation du Captage de Limésy-Becquigny, les actions  sont concentrées sur des risques de pollution (agricole, domestique, urbaine). Un arrêté préfectoral  établit le périmètre de protection : les actions agricoles autorisées et non autorisées ainsi que des prescriptions y sont décrites.

Le programme vise à développer et à encourager des pratiques humaines respectueuses de la ressource (production agricole responsable, entretien des espaces publics sans produit phytosanitaire, bonnes pratiques au jardin, etc). Il intervient sur les points suivants : la lutte contre les ruissellements, la lutte contre les pollutions d’origine phytosanitaires et azotés en zone agricole, la  lutte contre les pollutions phytosanitaires en zone non agricole.

 

Poursuivre les actions pour assurer l’avenir

Pour limiter la pollution des nappes par l’infiltration de produits, les agriculteurs  sont particulièrement sollicités. Un diagnostic agricole et alimentaire est mené. Il s’agira de mesurer leur capacité au changement (mode de production, commercialisation …). Les productions agricoles dans des filières respectueuses de l’environnement seront particulièrement valorisées.

Les élus, les partenaires techniques et financiers et les agriculteurs  travaillent de concert dans le cadre de ce 3è programme d’actions du captage de Limésy. 

 

 

*A noter

Par opposition à la pollution « ponctuelle », la pollution « diffuse » est une pollution des eaux due non pas à des rejets ponctuels et identifiables, mais à des rejets issus de toute la surface d'un territoire. La pollution est indirecte, par entraînement de produits polluants dans les eaux qui percolent ou ruissellent.

 


 

Le captage de Limésy 

 

Le captage de Limésy situé sur le hameau de Becquigny est la principale ressource en eau du territoire. Il alimente environ 21 000 habitants. La communauté de communes Caux Austreberthe est responsable de la qualité de l’eau distribuée en provenance de ce captage.

L’eau du robinet provient de l’infiltration des gouttes de pluie à travers le sol qui rejoignent ensuite la nappe d’eau souterraine. La station de pompage permet d’extraire un volume d’eau pour l’accumuler ensuite dans les châteaux d’eau.

Le captage de Limésy est alimenté par une surface appelée Bassin d’Alimentation de Captage. S’étendant sur 6100 ha, cette entité naturelle a été définie au cours d’une étude en 2012 grâce à l’analyse de la nature du sol, des pentes et de la profondeur de la nappe.

 

Et l’agriculture ?

Ce territoire est à dominante rurale avec une activité agricole très présente. Elle couvre 75% de sa surface. 130 agriculteurs exploitent au moins une parcelle du territoire. La plupart des agriculteurs ont une activité d’élevage et implantent des cultures. Les cultures industrielles telles que le lin, la pomme de terre et la betterave ont une place privilégiée sur les exploitations.

ACTU : VERS UNE AGRICULTURE RESPONSABLE

L’eau, un bien commun sous surveillance

En France, l’eau est un bien commun particulièrement surveillé. Elle fait l’objet d’analyses chimiques régulières par l’Agence Régionale de Santé pour vérifier si elle est conforme aux normes sanitaires en vigueur. Des analyses complémentaires peuvent être réalisées par la collectivité lorsque des suspicions de pollutions le nécessitent.

 

Un captage sensible

Comme la plupart des captages du Pays de Caux, le captage de Limésy est particulièrement vulnérable à différentes sources de pollutions d’origine agricole et non agricole : désherbants chimiques, excès d’engrais, particules de terre…

La présence de ces pollutions peut s’expliquer par :

-    la présence de sols sensibles à l’érosion des sols, photo érosion

-    le climat,

-    les pratiques agricoles ,

-    les usages des particuliers et collectivités sur les espaces verts.

Elles sont renforcées par la présence de nombreux puits d’infiltration naturels appelés « bétoires », véritable gruyère, acheminant directement les eaux de surfaces vers la nappe.

 

Des mesures pour protéger l’eau des pollutions

En 2002, une Déclaration d’Utilité Publique a été instaurée avec la délimitation de périmètres et de prescriptions à respecter afin de protéger le captage.

En 2014, la collectivité a créé un poste pour accompagner les acteurs locaux au recours à des pratiques compatibles avec la préservation de la qualité de l’eau. L’accompagnement s’est traduit par la conduite de 2 programmes d’actions basés sur des actions : 

-    de réduction de l’érosion des sols, 

-    de diminution au recours de produits phytosanitaires,

-    de maîtrise de la fertilisation chimique.

 

Un chemin vers la transition agricole et écologique

La mise en œuvre d’actions vertueuses repose beaucoup sur la concertation  avec les acteurs locaux et nos partenaires techniques et financiers. C’est notamment le cas avec les agriculteurs qui sont régulièrement sollicités  pour la mise en place d’aménagements paysagers , l’enherbement de bétoires, le suivi technique de leur exploitation ou leur participation à des journées de sensibilisation.

Une meilleure connaissance des acteurs et de leur environnement permet une meilleure prise en compte des enjeux économiques et sociaux. Par exemple, une étude sociologique est menée pour évaluer les leviers et freins au changement des agriculteurs vers des pratiques plus respectueuses et des circuits de commercialisation plus locaux.

Le travail avec les acteurs économiques sur la mise en place de filières  respectant la ressource en eau sera conduit. Il aura pour intérêt de proposer de nouveaux débouchés pour les agriculteurs et des produits respectant l’environnement aux consommateurs. 

En soutenant l’ensemble de ces actions, la communauté de communes construit avec les acteurs de son territoire et ses partenaires un chemin vers la TRANSITION AGRICOLE ET ECOLOGIQUE.